Dernière mise à jour: 26 Jan 2018

Test Android Auto Carplay sur R-Link 2

Renault m’a proposé d’essayer pendant quelques jours un Scenic IV équipé de la dernière version du R-Link 2 avec Android Auto / Apple Carplay. Comme vous êtes assidus sur le site vous êtes parfaitement capable de me dire qu’il est équipé de la version 3.3.16.946 !

 

L’arrive de la fonction de réplication smartphone s’est faite un peu dans la douleur pour Renault. Annoncée lors du Mondial de Paris 2016 avec le Scenic IV (et présent dans la brochure) la fonction n’est réellement arrivée sur les chaines de montage que courant 2017 (voir les dates exactes) sans possibilité officielle (la nuance est importante) de l’activer pour les premiers clients.


Passons, j’ai suffisamment écrit sur le sujet pour que je m’intéresse à notre cobaye et puisse vous livrer mon ressenti en utilisation réelle.

C’est donc un Scénic IV Initiale Paris (s’il vous plait ! ) full équipé propulsé par le classique 1.6 dci 130 BVM. J’ai réellement passé un bon moment avec ce véhicule malgré des bruits d’air prononcés…

 

Android Auto.

La première connexion au véhicule pour un smartphone est un poil laborieux. Voici les différentes étapes :

  • Télécharger et installer sur votre smartphone l’application Android Auto (disponible ici sur le Play Store). Vous avez besoin d’un smartphone avec au minimum la version 5 d’Android.
  • Lancer l’application Android Auto sur votre smartphone.
  • Au lancement vous devrez accorder plusieurs autorisations à l’application (contacts, passer un appel…), ces autorisations sont nécessaires au bon fonctionnement de l’ensemble.
  • Vous arrivez finalement sur l’interface « smartphone » d’Android Auto. Vous pouvez maintenant quitter l’application
  • Brancher le téléphone à un port USB du R-Link 2 à l’avant (utiliser un bon câble USB). Les prises USB à destination des passagers arrière ne servent qu’à charger la batterie d’un appareil (smartphone, tablette…).
  • Sur l’écran d’accueil devrait apparaitre le bouton Android Auto.
  • Un appui dessus vous amène sur un écran où il faut accepter des conditions d’utilisation.
  • Ouff c’est bon, la configuration de départ est terminée. Les fois suivantes vous n’aurez qu’à brancher le téléphone et lancer Android Auto depuis le R-Link 2 (s’il ne se lance pas tout seul) !

Petit détail, sur le Scenic IV (comme l’Espace V), on branche le téléphone et on ne sait pas trop où le mettre. Dans le rangement central ? Il est profond et aller rechercher le téléphone est à chaque fois une épreuve. A l’extérieure ? pourquoi pas, mais attention de ne pas couper le câble avec l’accoudoir (une petite encoche pour passer le câble, ça ne coute rien et ça éviterait bien des ennuis.). J’ai fini par mettre le téléphone dans le porte gobelet. Pas très pratique tout ça…

Première constations, sur le grand écran portrait du R-Link 2, Android Auto n’occupe qu’une infime partie Heureusement une petite bidouille est disponible pour agrandir l’espace occupé : voir la bidouille.

Sur la partie navigation, ce qui frappe c’est la simplicité et l’efficacité de Google Maps. Comme vous pouvez le voir sur les photos et vidéos, le lancement d’une navigation simple est très rapide : 3 étapes. La comparaison est cruelle pour le R-Link 2 qui en demande 12. Le champ unique pour la destination y contribue et nous renvoie à un objet du quotidien : la recherche Google.  Ce champ unique sert aussi bien à rentrer une adresse qu’un POI. Un R-link 2 nous oblige à passer par des écrans différents ce qui est loin d’être simple et ergonomique.

On retrouve aussi les propositions de destination suivant le lieu où je me trouve ou l’heure : c’est terriblement efficace. Un lundi matin statistiquement je risque plus de rendre au travail alors que le vendredi soir de partir en WE.

Google Maps est vraiment agréable à utiliser, les couleurs de la carte sont choisies avec soin et on a cette agréable impression d’être sur un terrain connu. La possibilité de voir très facilement différents choix d’itinéraires est efficace et rappelle le CNC (2005) en son temps. On notera aussi que Google Maps affiche les voies sur lesquelles il faut se positionner, fonction classique mais toujours aussi pratique sur les autoroutes.

La puissance vocale est vraiment très puissante : un appui long et en une seule fois je peux dicter une destination : « Navigation vers le 28 boulevard des capucines à Paris ». C’est fluide et efficace. Pour rappel sur le R-Link 2 c’est clairement plus laborieux : Appui, « Navigation », pause + bip, « Adresse », pause + bip , « 28 Boulevard des Capucines Paris » pause + bip, « Oui » (pour confirmer).


Tout n’est pas rose : il n’est pas possible par exemple de faire des itinéraires avec étapes mais cet oubli est presque pardonné étant donné la facilité avec laquelle on lance un guidage simple. Tout comme le R-link, le dézoome fait sur l’autoroute n’est pas suffisant pour avoir une vue globale. Quand je pense qu’un simple GPS Michelin ViaMichelin 980T en 2006 le faisait très bien…

L’un des apports majeurs d’Android Auto est évidement Waze ! Pour qu’il apparaisse sur le R-Link 2 il suffit d’avoir l’application installée sur son smartphone. Un double appui sur le bouton navigation permet d’afficher la liste des applications de navigation disponibles sous Android Auto (c’est le même principe pour les applications Audio).


Waze c’est la puissance de la communauté qui est appréciée par beaucoup de personnes, personnellement j’ai trouvé l’adaptation un peu bâclé. Impossible de modifier par exemple le point de vue (3D/2D) il faut avoir fait son choix avant sur le smartphone et l’utilisation de la reconnaissance vocale a toujours échoué. Il reste un peu de travail de la part de la société Waze. Mais la possibilité d’avoir le choix pour l’application de navigation est top. Depuis l’application vous pourrez faire les signalements habituels. Les zones de dangers sont évidemment signalées de la même manière que l’application classique (un message au début, rien dans la zone, un message à la fin). Petite détail amusant : Waze affiche la vitesse instantanée calculée via la localisation GPS (donc vitesse réelle) qui est forcément différente de la vitesse affichée au tachymètre légèrement minorée. Waze oblige, vous aurez de la publicité sur la carte de l’application.

La taille de la police utilisé pour sur la carte de Waze est vraiment petite et difficile à lire (voir ci-dessous la même vue par rapport à Maps).

Que ce soit Google Maps ou Waze, on bénéficie d’un info trafic efficace et des cartes toujours à jours ne nécessitant pas le fastidieux (quand c’est possible…) processus de mise à jour en passant par le R-Link Store et la R-Link 2 Toolbox.


Les indications de navigation sont bien dupliquées dans le combiné et l’affichage tête haute avec des flèches comme la navigation classique. Si on est à l’écran d’accueil, le widget navigation n’affiche pas la carte mais seulement les flèches. Il n’est donc pas possible d’avoir le widget Coyote en même temps que la carte Google Maps/Waze. J’ai aussi noté qu’on pouvait avoir une distance différente avant la prochaine intersection sur l’écran principale et celle annoncée sur le combiné. Celle de l’écran principale n’affiche que par palier de 10 alors que celui du combiné/affichage tête haute affiche la distance au mètre près. Dommage. On notera aussi que la barre supérieure disparait complètement, exit donc les notifications mais aussi la température extérieure, des petits détails qui ne font pas très sérieux…

 

Il y a un autre domaine d’Android Auto que j’ai réellement apprécié: la gestion des applications de streaming audio (Deezer, Spotify…). Jusque-là pour en bénéficier il fallait passer par le streaming Bluetooth et manipuler le téléphone en plus du R-Link par exemple pour choisir une playlist. Via Android Auto, on fait tout via R-Link et j’ai vraiment adoré car c’est quand même beaucoup plus sûr qu’avec le streaming Bluetooth. Même sans lancer de guidage j’utilisais cette fonctionnalité. Un bon point !

Petit aparté : on peut tout à fait mixer le monde R-Link et Android Auto. Il est possible d’écouter la radio tout en ayant un guidage Google Maps/Waze ou alors l’inverse : un guidage R-Link 2 et la musique via Deezer/Google Music avec Android Auto.

On notera aussi que l’âge/puissance de votre téléphone influe nettement sur la fluidité générale d’Android Auto. J’ai fait le test avec un Moto x de 2014 puis avec un Nokia 8 de 2017 et j’ai senti un net gain de performance !


Carplay.

Carplay est donc le système pour les iPhones d’Apple.

Le premier branchement est beaucoup plus rapide que pour le monde Android : On branche, on accepte un pop-up sur le téléphone et c’est fini !

Contrairement à Android Auto, ici aucune manipulation possible pour augmenter la taille de la zone occupée par Carplay qui est donc entourée par beaucoup de vide (et toujours pas de température extérieure)…

Après avoir utilisé Android Auto, Carplay semble bien pauvre pour la navigation. Pour saisir une adresse c’est forcément en utilisant la commande vocale, si on n’aime pas parler à son véhicule (ou réveiller les enfants qui dorment) c’est raté… Des détails vraiment étonnants : par exemple on ne peut pas faire défiler la carte : utilisation obligatoire des 4 boutons de direction avec une fluidité assez relative…  Le guidage est  fluide et Apple commence à activer les indications des voies de circulation. Le trafic est évidemment bien pris en compte.


Lorsqu’on utilise Carplay le menu Téléphone du R-Link 2 est grisé. On est obligé d’utiliser la foncton téléphone de Carplay. Cette limitation n’existe pas avec Android Auto.

Il y a aussi une grosse différence entre Carplay et Android Auto : avec Apple le téléphone n’est pas verrouillé, on peut continuer à l’utiliser. Avec  Android Auto il est bloqué. La solution Apple semble séduisante (même si on comprend la logique de Google) par contre il y a un comportement vraiment étonnant. Quand on ouvre certaines applications qui sont présentes via Carplay ça se répercute directement sur l’écran de la voiture. C’est assez étonnant.


 

Que ce soit le système Google Android Auto ou Apple Carpay il y a des défauts communs :

  • Obligation de brancher le téléphone
  • Si vous n’avez pas de réseau, il n’y a pas la possibilité de lancer un guidage… (Or si vous n’avez pas de réseau c’est que vous êtes probablement dans un coin paumé…)

 

Au cours de mes quelques jours d’utilisation intensive je n’ai pas remarqué de bug (à l’exception de Waze). Cette nouvelle fonctionnalité est vraiment bien et permet d’étendre les possibilités du système même si tout n’est pas parfait.